Institut Français d’Analyse de
Groupe et de Psychodrame

12 rue Emile Deutsch de la Meurthe
75014 PARIS

Tél. 01 45 88 23 22

Nous contacter

 

Cycle II : formation des analystes de groupe

En ce qui concerne la formation des praticiens de l’analyse de groupe, nous avons adopté une démarche graduée : mises en situation d’observateur puis de co-conduite de groupes et participation à un séminaire de recherche théorico-clinique.

Préalablement à l’entrée dans le 2e cycle l’indication de formation est posée au cours d’un entretien. Il s’agit d’évaluer avec la personne l’avancement de son propre travail analytique (voir la rubrique Accueil et orientation « Entretiens »).

Cet entretien est primordial dans l’orientation de sa formation et dans le choix de s’engager dans ce second cycle. En effet, dans cette phase, l’observateur poursuit son auto-analyse seul ou en d’autres lieux. Il s’agit là d’une condition nécessaire au travail proposé dans ce cadre.

L’observation a une triple fonction : celle de distanciation d’avec l’expérience d’analysant au sein du groupe ; celle de conscientisation des associations en tant qu’outils de compréhension ; celle d’apprentissage de la théorisation de la pratique.

Ce travail d’écoute s’opère dans une position en retrait et dans l’absence totale de parole dans les séances du groupe permettant d’entendre les individus et le groupe.

L’observation de groupe se fait dans trois dispositifs différents :
– la sensibilisation à l’analyse de groupe et au psychodrame, 1re expérience de courte durée (1 week-end) ;
– l’analyse de groupe et psychodrame (10 week-ends) ;
– la formation au psychodrame (10 week-ends).

Le stage de co-conduite d’un groupe de 1 week-end, puis d’un groupe d’analyse de groupe de 10 week-ends vient ensuite comme une épreuve tant probatoire qu’initiatique et constitue une clôture de ce deuxième cycle de formation d’analyste de groupe.

Avec ces dispositifs d’observation, de co-conduite, de séminaire de recherche, il s’agit d’approcher l’essentiel du travail de l’analyste de groupe, l’écoute analytique des associations et leur interprétation, et contribuer ainsi à l’élaboration du « cadre interne » avec lequel le futur praticien va travailler.

Observation d’un groupe de sensibilisation à l’analyse de groupe et au psychodrame.

La première étape consiste à observer un groupe d’analyse de groupe au cours d’un week-end comportant 20 heures de séances, week-end dit de sensibilisation (voir la rubrique Accueil et orientation « Sensibilisation à l’analyse de groupe et au psychodrame »).

La première observation est, avec l’entretien, une mesure d’approche de l’entrée dans le 2e cycle. C’est au cours des échanges avec l’analyste du groupe que la capacité à occuper cette place d’observateur pourra être éprouvée et évaluée. La décision de poursuivre le cursus sera prise ultérieurement dans l’entretien qui est proposé avec un analyste de l’Institut.

Observation d’un groupe d’analyse de groupe

Voir la rubrique Formation Cycle I « Analyse de groupe et psychodrame (formation personnelle) ».

Toutes les précautions sont prises pour éviter l’engagement d’un candidat dans une formation longue, s’il n’a pas la capacité et l’intérêt suffisant pour assumer les difficultés qu’il va rencontrer. Il est amené à créer sa propre façon d’écouter et à découvrir sa manière d’accompagner le travail de l’analyste du groupe. Son auto-analyse lui appartient, il peut être amené à livrer ses associations dans le cours des échanges avec l’analyste du groupe, et ses associations ne seront prises en compte qu’au titre d’éléments de travail pour la compréhension des productions du groupe et l’élaboration du travail d’interprétation.

L’observateur placé à l’extérieur du cercle du groupe ne prend pas la parole. Il est dans le temps des séances contraint au silence. Cette position d’abstinence verbale lui permet une liberté associative. Il se trouve confronté à la nécessité de mettre en rapport ses propres associations avec les associations du groupe, apprentissage qui se poursuivra dans l’exercice de sa fonction d’analyste de groupe.

La position d’observation avec ce qu’elle comporte d’exigences, de suspens, de silence, d’attention, de possibilité de rendre compte du matériel observé, etc., place le candidat face à la responsabilité d’assumer pour lui-même l’analyse des résonances que peut provoquer en lui l’écoute du groupe et le surgissement des formations inconscientes au cours des associations. C’est déjà, dans cette position, la nécessité de prendre en compte ses propres associations pour donner sens à celles qui viennent du groupe.

La position d’observateur est une position privilégiée pour s’exercer à l’écoute analytique des associations au sein d’un groupe.

Ici, son silence est obligé puisqu’il lui est prescrit, plus tard il se taira pour d’autres raisons. C’est cette différence qui va être repérée dans la transmission, l’obligation du silence qui ne vient pas de soi, et l’obligation de silence qui est lié à la fonction d’interprétation. C’est dans cette position qu’il peut prendre conscience que le silence de l’analyste est nécessaire à la pensée, le silence est un suspens, une forme d’abstinence.

Observation d’un groupe de formation au psychodrame

À la suite d’une observation d’un groupe d’analyse de groupe qui va durer deux ans, il est proposé de poursuivre par l’observation d’un groupe de formation au psychodrame (voir la rubrique Formation Cycle I « Formation au psychodrame »).

Nous devons préciser l’intérêt de l’observation d’un groupe de formation au psychodrame. Dans ce groupe, il est question très explicitement de formation même si le travail d’analyse de groupe se poursuit. La spécificité de ce dispositif qui est très original a pour but de transmettre les différentes techniques du psychodrame en proposant aux participants de se placer en position de meneur de jeu et d’ego-auxiliaire. Le travail d’analyse est double : centré d’une part sur la façon dont ces rôles sont tenus par les membres du groupe et ce que cela suscite en eux ; d’autre part, il s’agit de replacer dans le contexte du groupe les thèmes de jeu et les résonances aux jeux. Il y a ainsi dans ce type de groupe, une intrication de la visée pédagogique et de la visée analytique.

Cette intrication rend difficile le repérage des transferts et des formations psychiques inconscientes. Par contre les phénomènes d’identification sont mis en évidence dans plusieurs phases du groupe. Ces processus sont importants à repérer pour comprendre le discours associatif du groupe.

L’observateur d’un groupe de formation au psychodrame peut mieux saisir leur nature et leur importance dans le travail psychique au sein du groupe alors que dans l’analyse de groupe, il est plus aisé de repérer les mouvements transférentiels, les mouvements de régression, les phases dépressives, au fur et à mesure que se développe un processus analytique.

L’observation du groupe de formation au psychodrame permet à la fois l’observation du processus analytique en développement et les différentes opérations psychiques suscitées par l’assomption des rôles de directeur de jeu, d’ego auxiliaire, de double. Il s’agit d’observer comment se transmettent les fonctions de psychodramatiste et ce qu’éveille la situation de transmission.

Co-conduite d’un groupe d’analyse de groupe

Dernière étape de la formation : la co-conduite d’un groupe d’analyse de groupe (voir la rubrique Formation Cycle I « Analyse de groupe et psychodrame »).
Il est proposé de conduire, avec un analyste, un groupe d’analyse de groupe de longue durée. Cette dernière étape constitue un stage d’apprentissage à la fonction d’analyste de groupe.

Dans cette étape il est proposé à l’analyste en formation d’intervenir dans la conduite du groupe en accompagnant et en étant accompagné par un analyste expérimenté.

Son écoute se complique du fait des interventions et des interprétations de l’analyste avec lequel il s’exerce à la conduite. Comment intégrer son écoute des associations de groupe et son écoute des interventions de l’analyste, tout en prenant en compte ses propres associations et sa propre analyse de la situation ?

Il est indispensable dans cette phase du travail d’avoir recours à l’analyse de l’inter-transfert. En effet, une des difficultés importantes de ce dispositif de formation est, pour l’analyste, de ne pas perdre de vue l’analyse des processus en cours dans le groupe, sans pour autant négliger l’attention portée à son co-analyste. Il s’agit de repérer par exemple dès que cela se produit, les transferts et leur nature qui vont se porter sur l’un ou l’autre. Cela nécessite de la part de l’analyste plus expérimenté une grande rigueur dans sa relation avec le stagiaire afin d’éviter les pièges de sa mise en dépendance, ou au contraire de vivre avec lui une rivalité qui ne lui permettrait pas de prendre sa place dans le couple d’analystes qu’ils forment. Ces difficultés peuvent se traduire dans la manière de prendre en compte les interventions de l’autre dans le réseau associatif du groupe. Cela nécessite aussi d’être attentif aux représentations de leur couple dans ce qui se manifeste dans le groupe en termes de transfert et de projections.

En effet ce couple d’analystes est aussi un couple « formateur » - « en formation ». Cela induit nécessairement une forme de déséquilibre. La place assignée au transfert parental s’en trouve complexifiée même si elle permet que soient révélés certains complexes familiaux déniés jusque-là. Cela implique pour les deux analystes une sécurité narcissique à laquelle l’analyse régulière de l’inter-transfert peut contribuer.

Séminaire de recherche et de réflexion théorico-clinique

Parallèlement aux différentes phases de ce 2e cycle, il est proposé de participer à un groupe de recherche théorico-clinique. Il s’agit de faire un travail de théorisation de la pratique avec une procédure particulière : écrire un texte en rapport avec ce qui a retenu l’attention de l’analyste en formation, cela peut être un mouvement de groupe, une problématique et son développement, le travail de l’interprétation, etc., tout ce qui peut participer de la théorisation de la pratique. Le passage par un écrit s’avère d’un grand intérêt, car il confronte le futur praticien à la manière dont il peut rendre compte de ce qui lui est apparu dans le cours de l’évolution du groupe et plus précisément, de ce sur quoi va devoir reposer la fonction d’interprétation.

Chaque texte écrit est soumis à l’appréciation du groupe de recherche, non pas dans un but de supervision, mais pour servir de base à la réflexion du groupe et notamment à la mise en rapport des différents éléments cliniques évoqués dans l’écrit, avec les théorisations existantes dont chacun dispose.