La régulation d’équipe

La régulation d’équipe un travail institutionnel spécifique. Le cadre est précisément posé par l’intervenant : fréquence, durée des séances, coût, participants, participation libre ou obligatoire, présence des personnels d’encadrement, etc.

Le projet peut s’énoncer ainsi : comprendre le fonctionnement institutionnel, en s’appuyant sur le travail du groupe et à partir de récits d’incidents liés aux difficultés rencontrées dans l’exercice des tâches. Il s’agit de saisir les moments, soit de conflits, soit d’oppositions non clarifiées, pour passer à l’analyse de ceux-ci. Se poseront alors de nombreuses questions : sur les valeurs et l’idéologie de l’institution, sur son histoire et sa fondation, ses règles implicites de fonctionnement, les modes de communication, la qualité des modes de transmission et de concertation, etc., et sur les rapports entre les problèmes de l’équipe et la pathologie des patients.

Dans un climat de sécurité lié au dispositif mis en œuvre, chacun est invité à exprimer les difficultés ressenties dans sa fonction, aussi spontanément et librement que possible, ce qui favorise un travail sur les associations et résonances. Le groupe est alors un lieu de parole et d’analyse, en présence des cadres hiérarchiques, mais non un espace de décision, ce qui en ferait une réunion institutionnelle comme les autres… Par ailleurs, bien que s’agissant d’un travail de groupe, la régulation institutionnelle n’est pas cependant une analyse de groupe, puisqu’elle ne vise pas le changement individuel des personnes mais un meilleur fonctionnement de l’institution. Elle peut néanmoins avoir des effets « de surcroît » sur les individus, mais qui ne seront pas traités explicitement dans ce cadre.

L’écoute de l’intervenant est bien d’ordre groupal et psychanalytique, visant l’implicite, le latent, la circulation fantasmatique, les mécanismes défensifs, projections, dénis… Mais elle est aussi d’ordre psychosociologique, puisqu’elle ne peut ignorer les éléments de réalité qui influencent l’institution.

Le travail de régulation d’équipe doit rester contractuel, pour un temps limité éventuellement renouvelable ; s’il s’installait sans que sa fonction et sa durée ne soient questionnées, il se confondrait avec les autres groupes de l’institution et y perdrait son sens.

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